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vendredi 1 décembre 2006

Col de Tizi N Tichka

Pour voir de splendides paysages du Haut Atlas, il faut emprunter la plus haute route du Maroc, celle qui relie Marrakech à Ouarzazate en passant à 2260 m par le col de Tizi-n-Tichka.
De très loin, malgré les brumes de chaleur, on aperçoit l’imposante barrière montagneuse dominée par le mont Toubkal (4167 m) et ses neiges éternelles. Dès les premiers lacets de cette belle route d’altitude tracée par les légionnaires en 1920, le ton est donné, on est bien en haute montagne ! Sur la droite, on domine une vallée verdoyante … l’oued n’est certainement pas très loin. Mais progressivement la végétation se raréfie laissant place aux cactus et aux figuiers de barbarie.
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Cette région est le berceau de la population Berbère ; premiers habitants de l’Atlas, organisés en tribus ils ont résisté aux conquérants Arabes jusqu’au VIII siècle. La plupart des villages traditionnels sont bâtis sur le versant opposé à la route principale et ne sont accessibles que par des pistes. L’impression de dénuement est criante ; les maisons cubiques, imbriquées les unes aux autres semblent accrochées aux flancs de la montagne, toutes sont construites en matériaux traditionnels : le pisé, un mélange de paille et de terre. Selon la composition et la couleur du sol, les
murs des habitations se colorent de teintes différentes, souvent ocres, rouges ou grises … le gris étant d’ailleurs la couleur principale des paysages lunaires que l’on traverse près du col. En contrebas, on devine entre de petites vallées étroites, des cultures agricoles dont le vert clair contraste avec l’univers minéral qui nous entoure.
La descente sur le versant Est donne un avant goût de désert, chaleur, aridité et poussière. Il y a bien ces rares villages autour desquels s’organise un semblant de vie ; ici, ce sont des femmes Berbères, robes et foulards colorés et faucille à la main qui récoltent des céréales sur de minuscules lopins de terre cultivés en terrasses. Là, c’est un âne chargé de sacs qui se dirige vers l’agadir …  le grenier collectif fortifié en pisé qui trône au centre des villages Berbères. Certains de ces « agadirs » sont en piteux état avec leurs tours presque démolies … reflet objectif de la pauvreté de ces communautés d’altitude.

Posté par croco à 23:08 - Les sites - Commentaires [0] - Permalien [#]